Se remettre en question
Le courage de se regarder en face
Le combat avec soi-même peut prendre de nombreuses formes. Il traverse nos peurs, celles que nous rejetons, minimisons ou tentons d’ignorer, parce qu’elles révèlent nos fragilités, nos faiblesses et parfois une vérité sur nous-mêmes que nous ne sommes pas prêts à entendre. Il se manifeste aussi à travers nos schémas répétitifs. Ces mécanismes familiers, parfois inconfortables, mais rassurants, peuvent freiner notre évolution. Nous restons dans des zones de confort connues, même lorsqu’elles ne servent plus la direction que nous aimerions donner à notre vie.
Se remettre en question implique souvent de se confronter à ses contradictions : celles que l’on évite pour ne pas voir ce qui dérange, ce qui fait peur, ou ce que l’on considère comme notre part sombre. Pourtant, ces parts d’ombre ne sont pas des ennemies. Elles participent pleinement à ce que nous sommes et façonnent notre identité dans sa globalité. Ce que l’on oublie souvent, c’est que ces parts que nous cherchons à fuir peuvent devenir des alliées. En sortant de leurs extrêmes, elles peuvent s’équilibrer, nous nourrir lorsque nous osons davantage, et parfois même nous sauver lorsque nous avons l’impression de stagner. L’ego fait aussi partie intégrante de ce chemin. Lorsqu’il est compris et mis au service de ce qui est juste pour nous, il devient un soutien puissant. Mais lorsqu’il est mal interprété ou laissé en roue libre, il peut nourrir la peur, la séparation et la destruction.
Se confronter à soi, c’est accepter que l’inconfort fait partie de la croissance. C’est choisir d’évoluer vers une version plus honnête, plus consciente et plus entière de soi-même. C’est sortir du déni, dépasser les illusions, et transformer la culpabilité en responsabilité. Le but n’est pas de se juger, mais d’être lucide. Pouvoir se dire : “Je suis comme cela aujourd’hui, et j’ai le pouvoir d’évoluer si je le souhaite.” Ou encore : “Je peux apprendre à comprendre comment ces mécanismes influencent ma vie.” Cela demande d’apprendre à se regarder avec compassion, plutôt qu’avec une auto-critique dure et réductrice. De reconnaître ce que l’on est, et parfois ce que l’on n’est pas, sans se condamner.
Lorsque l’on s’assume pleinement, notre vie se transforme. Nos relations évoluent, notre rapport au monde s’apaise, et le cœur de notre existence devient plus stable, plus ancré. Peu à peu, un épanouissement devient possible, parfois bien au-delà de ce que l’on pensait accessible.
Le véritable choix est peut-être celui-ci :
préférons-nous rester enfermés dans une prison confortable mais sans vérité, ou oser nous confronter à nous-mêmes pour nous rapprocher du bonheur que nous imaginons ?

